Penser comme une base de données : exercer sa logique produit avec Bubble no-code en français

Pour tirer pleinement parti de Bubble, il faut cesser de le voir comme un simple “constructeur de pages” et commencer à penser comme une base de données. C’est précisément cette bascule mentale qui fait la différence entre une application no-code bricolée et un produit robuste, évolutif, automatisable avec des outils comme Zapier. En d’autres termes : si vous structurez bien vos données, votre logique produit devient plus simple, vos automatisations plus fiables, et votre croissance plus fluide.

Penser comme une base de données : un état d’esprit produit

Pourquoi Bubble n’est pas (seulement) un constructeur de pages

Bubble permet de créer des interfaces visuelles, certes, mais son vrai pouvoir réside dans la gestion de la donnée : types, champs, relations, workflows. Quand on le découvre, on a souvent tendance à :

  • se concentrer d’abord sur le design des pages (UI),
  • multiplier les workflows pour chaque action utilisateur,
  • gérer les règles “au cas par cas” plutôt que de poser un modèle de données clair.

Résultat : au bout de quelques semaines de développement, l’app devient difficile à maintenir, chaque nouvelle fonctionnalité casse quelque chose, et les automatisations Zapier déclenchent des effets de bord inattendus.

Penser comme une base de données, c’est renverser cette logique : on commence par le modèle de données, puis on vient brancher l’interface, les workflows Bubble, et enfin les automatisations Zapier.

La logique “produit” commence par les entités

Dans une vraie base de données, on ne parle pas d’écrans ou de boutons ; on parle d’entités et de relations. En no-code avec Bubble, c’est exactement la même chose :

  • Entités : ce sont vos “Data Types” dans Bubble (Utilisateur, Commande, Projet, Facture, Abonnement…)
  • Champs : ce sont les attributs de ces entités (email, statut, date de création, montant, propriétaire…)
  • Relations : ce sont les liens entre entités (un Utilisateur a plusieurs Projets, une Commande appartient à un Client, un Abonnement est lié à une Offre…)

Quand vous raisonnez ainsi, chaque fonctionnalité produit devient une simple manipulation de données :

  • Créer un compte = créer un enregistrement Utilisateur.
  • Valider une commande = changer le statut d’une Commande.
  • Envoyer une facture = créer une Facture liée à une Commande.

Et pour Zapier, c’est une aubaine : chaque changement significatif dans la base (création, mise à jour, suppression) devient un excellent déclencheur (trigger) pour vos Zaps.

Structurer ses données Bubble pour un produit clair et automatisable

Définir les bons types de données dès le départ

Une des erreurs classiques sur Bubble est de vouloir tout faire tenir dans quelques types de données “génériques” (par exemple un seul type “Item” qui fait tout). Cette approche complique :

  • les filtres et recherches dans Bubble,
  • les conditions dans vos workflows,
  • la lecture des données côté Zapier (les champs deviennent ambigus).

Pour exercer votre logique produit, posez-vous ces questions avant même d’ouvrir l’éditeur Bubble :

  • Quels sont les objets “naturels” de mon produit ? (clients, projets, tâches, documents…)
  • Quelles actions importantes l’utilisateur ou le système effectuent sur ces objets ?
  • Quels événements devront être suivis par Zapier pour déclencher des automatisations ?

Notez ces entités sur papier et transformez-les ensuite en “Data Types” dans Bubble. Vous verrez que la conception des workflows devient beaucoup plus simple.

Relier les entités avec clarté (et non du “copier-coller” de champs)

La puissance d’une base de données vient de ses relations. Dans Bubble, cela se traduit par :

  • des champs de type “Another type” (ex : un Projet a un champ “client” de type Utilisateur),
  • des listes d’objets (ex : un Utilisateur a une liste de Projets).

Deux erreurs reviennent souvent :

  • Dupliquer les mêmes informations dans plusieurs types de données (par exemple, stocker l’email du client à la fois dans Utilisateur, Commande, et Facture), ce qui complique la synchronisation.
  • Utiliser du texte brut au lieu de relations (par exemple, stocker l’ID d’un utilisateur en champ texte, au lieu d’un champ de type Utilisateur).

En pensant “base de données”, chaque relation devient explicite. Et pour Zapier, c’est bien plus lisible : lorsqu’un Zap se déclenche sur une nouvelle Commande, il peut directement récupérer l’objet Client relié, sans avoir à recouper plusieurs champs texte.

Prévoir les champs nécessaires aux automatisations Zapier

Lorsque vous concevez votre modèle dans Bubble, anticipez ce dont vous aurez besoin dans vos scénarios automatisés Zapier :

  • Des statuts clairs (ex : “en_brouillon”, “confirmée”, “envoyée”, “payée”) plutôt qu’un simple booléen “validée = oui/non”.
  • Des dates précises (date de création, date d’envoi, date de paiement) qui pourront être utilisées comme conditions ou délais dans vos Zaps.
  • Des champs techniques (par ex. “dernière_sync_zapier”, “id_stripe”, “prochaine_relance”) réservés au pilotage de vos automatisations.

Cela vous évite de créer des contorsions dans Zapier pour deviner l’état réel d’un enregistrement Bubble. Votre logique produit reste lisible, dans Bubble comme dans vos Zaps.

Exercer sa logique produit : scénarios concrets avec Bubble et Zapier

Scénario 1 : Onboarding client automatisé

Imaginez une application Bubble qui propose un espace client pour des prestations de service (agence, freelance, coaching…). Votre base de données pourrait inclure :

  • Utilisateur (Client)
  • Dossier (un projet ou une mission)
  • Tâche (à réaliser pour le client)
  • Message (échanges entre vous et le client)

Votre logique produit pourrait se résumer ainsi :

  • À l’inscription d’un client, créer automatiquement un Dossier par défaut.
  • Lier ce Dossier au Client.
  • Créer une première To-do list (Tâches) associée au Dossier.

Si vous pensez dès le départ “base de données”, alors chaque étape de l’onboarding devient un événement structuré. C’est idéal pour Zapier :

  • Trigger : nouveau Client créé dans Bubble →
  • Actions dans Zapier :
    • créer un contact dans votre CRM,
    • ajouter une ligne dans un Google Sheet de suivi,
    • envoyer une séquence d’email via votre outil marketing.

La clé ici : le type de donnée “Client” est défini proprement, les relations Client > Dossier > Tâche sont claires, et vos Zaps peuvent exploiter ces liens sans “bricolage”.

Scénario 2 : Suivi des paiements et facturation

Vous proposez un produit ou service payant via votre app Bubble. Votre modèle de données pourrait inclure :

  • Offre (type d’abonnement ou de produit)
  • Abonnement (lié à un Utilisateur et une Offre)
  • Facture (lié à un Abonnement ou une Commande)
  • Paiement (lié à une Facture)

Quand un utilisateur souscrit, Bubble crée :

  • un Abonnement (statut : “en_attente_paiement”),
  • une Facture liée,
  • éventuellement un champ “id_stripe” pour relier à votre solution de paiement.

À partir de là, votre logique produit devient le moteur des automatisations Zapier :

  • Zap 1 : lorsqu’un Paiement est marqué comme “réussi” dans Bubble, Zapier :
    • met à jour le statut de l’Abonnement,
    • envoie une facture PDF au client,
    • met à jour votre comptabilité (ex. dans un outil de facturation externe).
  • Zap 2 : lorsqu’une Facture approche de sa date d’échéance sans paiement, Zapier :
    • envoie un email de relance,
    • crée une tâche de suivi dans votre outil de gestion interne.

Toutes ces règles ne sont possibles que si votre base de données Bubble est pensée pour refléter fidèlement les étapes métier (états de factures, échéances, liens entre clients, abonnements et paiements).

Scénario 3 : Pilotage marketing à partir des données Bubble

Votre app Bubble génère beaucoup de signaux utiles pour le marketing :

  • création de compte,
  • activation de fonctionnalités,
  • fréquence de connexion,
  • nombre de projets ou documents créés, etc.

En pensant “base de données”, vous pouvez créer des types et champs dédiés au suivi comportemental, par exemple :

  • Événement (type : “connexion”, “création_projet”, “invitation_collaborateur”)
  • Score d’engagement (champ sur l’Utilisateur, incrémenté selon les actions)
  • Dernière activité (date)

Ensuite, vos automatisations Zapier s’appuient sur ces données structurées :

  • Si le Score d’engagement descend sous un certain seuil → déclencher une campagne de réactivation.
  • Si un Utilisateur dépasse un certain nombre de projets créés → proposer une offre premium.
  • Si aucun Événement créé depuis 14 jours → notifier votre équipe Customer Success.

C’est ici que la logique produit rejoint le marketing : vos décisions ne sont plus basées sur des intuitions, mais sur des données structurées et exploitables, stockées dans Bubble et orchestrées par Zapier.

Bonnes pratiques pour articuler Bubble, base de données et Zapier

Centraliser la “vérité” métier côté Bubble

Une erreur fréquente est de laisser Zapier “inventer” des règles métier (par exemple, décider dans un Zap si une commande est “en retard” ou pas). Pour garder une logique produit cohérente :

  • Définissez les règles de statut et d’état dans Bubble (via des champs et workflows Bubble).
  • Laissez Zapier exécuter des actions en fonction de ces états (envoyer, synchroniser, notifier).

Autrement dit, Bubble reste la source de vérité sur l’état de vos entités (commande, abonnement, client), et Zapier devient le bras opérationnel qui réagit à ces états.

Limiter la logique conditionnelle trop complexe dans les Zaps

Plus vous multipliez les filtres, chemins conditionnels et calculs complexes dans Zapier, plus il devient difficile à maintenir. Une approche plus solide consiste à :

  • Créer dans Bubble des champs expressifs (“doit_être_relancé”, “éligible_offre_plus”, “risque_churn”).
  • Mettre à jour ces champs via des workflows Bubble planifiés ou déclenchés.
  • Utiliser ces champs comme simples conditions dans vos Zaps (“si doit_être_relancé = oui alors envoyer tel email”).

Vous conservez ainsi la logique produit dans un seul endroit : votre base de données et vos workflows Bubble, qui servent de référence pour toutes les actions automatisées.

Documenter les entités et les états comme un produit “code”

Un projet no-code sérieux mérite une vraie documentation :

  • Liste des types de données et de leurs champs avec une description fonctionnelle.
  • Schéma simplifié des relations entre entités (même dessiné à la main ou dans un outil de mindmap).
  • Tableau des différents statuts possibles pour les entités clés (Commande, Facture, Abonnement…) et de ce qu’ils signifient.

Cette documentation rend beaucoup plus facile :

  • l’ajout de nouvelles fonctionnalités dans Bubble,
  • la création de nouveaux scénarios dans Zapier,
  • l’onboarding de nouveaux collaborateurs sur votre projet.

Vous pouvez aller plus loin en gardant un document dédié à vos automatisations Zapier où vous indiquez, pour chaque Zap :

  • le trigger Bubble utilisé,
  • les entités et champs concernés,
  • les statuts modifiés.

Mettre en pratique : entraînements pour “penser base de données” avec Bubble

Exercice 1 : Transformer une idée de fonctionnalité en modèle de données

Choisissez une fonctionnalité que vous souhaitez ajouter à votre app Bubble (ou imaginez-en une) :

  • exemple : “un système de commentaires sur chaque projet”.

Avant d’ouvrir Bubble, faites l’exercice suivant :

  • Listez les nouvelles entités nécessaires (ici : Commentaire).
  • Listez les champs minimum pour cette entité (contenu, auteur, date, projet associé, statut éventuel).
  • Définissez les relations (un Commentaire appartient à un Projet, un Commentaire appartient à un Utilisateur).
  • Identifiez les événements qui pourraient intéresser Zapier :
    • nouveau commentaire créé,
    • commentaire modéré/supprimé,
    • commentaire contenant certains mots-clés.

Ce simple exercice vous entraîne à structurer vos idées produit comme une base de données, ce qui rendra leur implémentation dans Bubble plus fluide et leurs automatisations Zapier plus propres.

Exercice 2 : Cartographier un flux utilisateur sous forme d’états

Prenez un flux clé de votre application (par exemple, “création d’un projet par un utilisateur” ou “validation d’une commande”) et décrivez-le uniquement par les états de vos entités :

  • Utilisateur : créé, email vérifié, profil complété.
  • Projet : brouillon, en cours, complété, archivé.
  • Commande : en_attente, payée, annulée, remboursée.

Ensuite, demandez-vous à chaque changement d’état :

  • Est-ce que cet état doit déclencher quelque chose dans Bubble (workflow interne) ?
  • Est-ce que cet état doit déclencher quelque chose dans Zapier (email externe, CRM, facturation, analytics) ?

Avec cet exercice, vous apprenez à considérer chaque flux utilisateur comme une simple succession de transitions d’état sur vos données, ce qui est exactement la manière de penser d’une base de données bien conçue.

Exercice 3 : Nettoyer et clarifier un modèle de données existant

Si vous avez déjà une application Bubble en production, prenez quelques heures pour :

  • identifier les champs jamais utilisés,
  • repérer les doublons (même information stockée à plusieurs endroits),
  • revoir les types de champs (remplacer du texte brut par des relations quand c’est pertinent),
  • normaliser les statuts (éviter les statuts libres en texte, préférer des listes de choix prédéfinies).

Cela aura un impact immédiat sur :

  • la lisibilité de vos workflows Bubble,
  • la simplicité de vos Zaps (moins de conditions, moins de cas particuliers),
  • la fiabilité de vos rapports marketing et business.

Aller plus loin : articuler Bubble, Zapier et la logique business

En prenant l’habitude de raisonner “base de données” dans toutes vos décisions produit, vous facilitez naturellement l’intégration avec Zapier. Chaque nouveau type de donnée, chaque nouveau statut, chaque nouvelle relation devient une opportunité de :

  • simplifier un processus interne,
  • enrichir vos données clients,
  • améliorer votre marketing automatisé.

Pour approfondir cette manière de penser et découvrir des cas d’usage concrets reliant Bubble et Zapier côté business et marketing, vous pouvez consulter notre article spécialisé sur l’intégration entre Bubble et les automatisations Zapier pour structurer vos workflows, qui montre comment un modèle de données bien pensé se traduit en gains de temps et en revenus supplémentaires.

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