Cartographier un projet digital en Bubble no-code avant même d’ouvrir l’éditeur

Pourquoi cartographier un projet Bubble no-code avant d’ouvrir l’éditeur

Les outils no-code comme Bubble donnent l’illusion que l’on peut se lancer directement dans la construction, sans préparation. Pourtant, c’est précisément parce que Bubble permet de tout faire (base de données, interface, logique métier, workflows) qu’il est risqué de se précipiter dans l’éditeur. Sans cartographie claire de votre projet digital, vous risquez :

  • De multiplier les pages, les workflows et les champs de base de données redondants
  • D’ajouter des conditions et des scénarios difficiles à maintenir
  • De vous retrouver avec une app lente, confuse, impossible à faire évoluer
  • De ne pas savoir comment connecter Zapier ou d’autres services externes au bon moment

À l’inverse, cartographier votre projet avant d’ouvrir Bubble permet de poser une vision globale : quelles données, quels écrans, quels utilisateurs, quels flux automatisés, quelles intégrations avec Zapier. Vous gagnez du temps, vous clarifiez le périmètre, et vous transformez Bubble en un véritable accélérateur, plutôt qu’en un labyrinthe visuel.

Pour un site comme Zapier.fr, dédié aux usages marketing et business de l’automatisation, cette phase de cartographie est centrale : elle conditionne la façon dont votre application va dialoguer avec vos scénarios Zapier, vos CRM, vos outils emailing, votre facturation, etc.

Étape 1 : Clarifier les objectifs business et les utilisateurs de votre app

Avant même de parler de pages, de workflows Bubble ou de Zaps, un projet no-code reste d’abord un projet business. La première cartographie est donc stratégique.

Définir le résultat mesurable attendu

Commencez par noter, noir sur blanc, les objectifs chiffrés que votre application doit servir. Par exemple :

  • Générer 50 leads qualifiés par mois pour l’équipe commerciale
  • Automatiser 80 % des tâches administratives d’onboarding client
  • Réduire de 50 % le temps de traitement des demandes SAV
  • Lancer une marketplace MVP en 6 semaines pour valider un marché

Ces objectifs guideront toutes vos décisions dans Bubble : quelles fonctionnalités sont réellement nécessaires, quelles données stocker, quels scénarios automatiser via Zapier, quelles métriques suivre dans vos dashboards.

Identifier précisément vos personas

Bubble vous permet de créer des expériences très différentes selon le rôle de l’utilisateur. Pour éviter un mélange confus, listez clairement :

  • Les types d’utilisateurs (prospects, clients, partenaires, administrateurs, équipe interne)
  • Leurs objectifs en venant sur l’app (acheter, réserver, soumettre un formulaire, suivre un projet, valider un devis…)
  • Leurs contraintes (temps limité, usage mobile, besoin d’historique, validation hiérarchique, etc.)

Pour chaque persona, écrivez une phrase simple : « En venant sur l’application, [persona] veut pouvoir [action principale] en moins de [durée] sans [friction majeure]. » Cette phrase sera le fil rouge de votre design fonctionnel dans Bubble et de vos automatisations Zapier (notifications, relances, mises à jour de CRM, etc.).

Relier objectifs business et automatisation Zapier

Les objectifs que vous venez de définir doivent être reliés à des bénéfices concrets d’automatisation. Posez-vous les questions suivantes :

  • Quelles données créées dans Bubble doivent partir vers Zapier (contacts, commandes, tickets, inscriptions, paiements) ?
  • Quelles actions externes doivent être déclenchées automatiquement (ajout dans le CRM, facturation, email de bienvenue, SMS, création de dossier, ajout à une séquence marketing) ?
  • Quels événements externes doivent revenir dans Bubble (statut de paiement, réponse à un formulaire, changement de statut dans le CRM) ?

Vous commencez ainsi à dessiner une double cartographie : celle de votre application Bubble et celle de vos scénarios Zapier, qui dialoguent entre eux.

Étape 2 : Cartographier les parcours utilisateurs clé (avant même l’UI)

Beaucoup de créateurs d’apps no-code débutent par le design des pages. Mais en Bubble, la logique métier (workflows, conditions, data) est bien plus structurante que l’aspect visuel. Il est donc plus efficace de cartographier d’abord les parcours, puis d’en déduire l’interface.

Lister les parcours indispensables, pas toutes les idées

Commencez par lister les 3 à 5 parcours utilisateurs principaux, en vous demandant : « Si l’app ne faisait que ça parfaitement, serait-elle déjà utile ? » Par exemple :

  • Parcours 1 : Un prospect découvre mon app, crée un compte et réserve un premier rendez-vous
  • Parcours 2 : Un client existant se connecte, suit l’avancement de sa commande et reçoit des notifications
  • Parcours 3 : Un administrateur crée une nouvelle offre et la publie sur le site public

Chaque parcours sera ensuite traduit en étapes précises, puis en workflows Bubble et en Zaps associés.

Décomposer chaque parcours en étapes simples

Pour chaque parcours, décrivez les étapes sous forme de phrases, comme une “histoire” chronologique :

  • L’utilisateur arrive sur la page d’accueil
  • Il clique sur « Créer un compte »
  • Il saisit son email et son mot de passe
  • Il valide et reçoit un email de confirmation
  • Une fois connecté, il remplit un formulaire pour qualifier son besoin
  • En fonction de ses réponses, une offre est proposée et un rendez-vous est proposé

À ce stade, ne pensez pas encore à la mise en page. Concentrez-vous sur les actions, les décisions, les moments où des données sont créées, mises à jour ou supprimées. C’est cette granularité qui sera traduite en workflows d’événements dans Bubble (When Button is clicked, When Page is loaded, When Condition is true…) et en déclencheurs pour Zapier.

Identifier les points de contact à automatiser

Dans chaque parcours, repérez les moments où une automatisation via Zapier apportera de la valeur :

  • Création d’un lead dans votre CRM quand un nouvel utilisateur s’inscrit dans Bubble
  • Envoi d’un email personnalisé via votre outil d’emailing lorsque l’utilisateur atteint une étape clé
  • Création automatique d’une facture dans votre outil de facturation après validation d’un paiement
  • Notification Slack pour votre équipe lorsqu’un prospect qualifié termine un formulaire

Ajoutez ces points de contact à votre cartographie de parcours, par exemple avec un symbole ou une couleur différente sur votre schéma. Cela vous évitera d’oublier, une fois dans Bubble, où placer les webhooks, les appels API ou les plugins nécessaires.

Étape 3 : Structurer la base de données Bubble avant l’interface

Une des forces de Bubble réside dans sa base de données intégrée. Mais mal pensée, elle devient vite un frein à l’évolutivité… et à l’intégration avec Zapier. Cartographier la structure de données en amont permet d’éviter les fameux « refactors » douloureux en plein milieu du projet.

Identifier les “objets métier” de votre projet

Listez tous les “types de choses” (Things) qui existent dans votre projet :

  • Utilisateur, Entreprise, Projet, Commande, Produit, Rôle, Ticket, Abonnement, etc.

Pour chaque objet, décrivez :

  • Son rôle dans le système (ex. : « Un Projet regroupe les tâches et appartient à un Utilisateur »)
  • Les relations avec les autres objets (ex. : Un Utilisateur a une liste de Projets, un Projet a une liste de Tâches)
  • Les informations minimales à stocker (nom, statut, dates clés, montants, pièces jointes…)

Cette étape vous donne une première ébauche des “Data Types” que vous créerez dans Bubble, et vous aide à repérer ce qui devra être exposé à Zapier (via API, webhooks ou plugins).

Éviter les anti-patterns de base de données no-code

Sans cartographie, on tombe vite dans des schémas de données bancals, par exemple :

  • Tout stocker dans le type User (des dizaines de champs hétérogènes)
  • Multiplier des champs oui/non au lieu d’utiliser des listes ou des objets dédiés
  • Dupliquer des données au lieu de créer des relations (risque d’incohérence)
  • Créer des types “fourre-tout” impossibles à maintenir

En amont, posez-vous systématiquement la question : « Cette information est-elle une propriété intrinsèque de l’objet, ou est-ce une relation avec un autre objet ? » Par exemple, l’abonnement d’un utilisateur est rarement juste un champ texte sur User ; il mérite souvent un type Abonnement avec son propre statut, sa date de début, sa date de fin, ses factures associées, etc.

Préparer les données à l’intégration avec Zapier

Pour que votre app Bubble coopère efficacement avec Zapier, votre cartographie de données doit anticiper :

  • Quels champs seront nécessaires dans les autres outils (CRM, emailing, compta, support)
  • Quels ID uniques utiliser pour faire le lien entre Bubble et ces outils
  • Quels statuts et événements seront utilisés comme déclencheurs (ex. : statut d’une commande, étape d’un projet)

Vous pouvez, par exemple, décider que chaque enregistrement clé (Client, Projet, Commande) possède un champ “external_id” ou “crm_id” qui permet à Zapier de faire le lien avec le bon contact dans votre CRM. Cette rigueur évite les doublons, les erreurs de synchronisation et les Zaps trop complexes.

Pour approfondir cette logique d’architecture et mieux visualiser ce que Bubble permet côté data, n’hésitez pas à consulter notre article spécialisé sur Bubble et le no-code qui met en perspective structure de données, workflows et intégrations externes.

Étape 4 : Dessiner les écrans et workflows Bubble comme un “plan de ville”

Une fois les parcours et la base de données cartographiés, vous pouvez enfin penser aux écrans Bubble… mais sans encore toucher à l’éditeur. L’idée est de créer un plan global, comme un plan de ville, où chaque page, popup ou réutilisable a une fonction claire.

Inventorier les types de pages nécessaires

À partir de vos parcours, listez les grandes catégories de pages :

  • Pages publiques : page d’accueil, pages marketing, blog, pages de vente
  • Pages d’onboarding : inscription, connexion, mot de passe oublié, onboarding guidé
  • Pages applicatives : dashboard, liste d’objets (projets, commandes…), fiche détaillée, formulaires de création/édition
  • Pages d’administration : gestion des utilisateurs, configuration, reporting

Pour chaque page, résumez sa mission principale en une phrase. Par exemple : « Page Dashboard : permettre à l’utilisateur de voir en un coup d’œil l’état de ses projets, avec les actions prioritaires. » Cette phrase évitera de surcharger chaque écran de fonctionnalités secondaires qui alourdiraient votre application.

Répartir intelligemment les workflows

Dans Bubble, les workflows sont le moteur de votre application. Cartographier où chaque workflow doit vivre vous évite de créer des scénarios éparpillés et difficiles à maintenir. Posez une règle simple :

  • Les workflows liés à une action utilisateur spécifique (clic sur un bouton, soumission d’un formulaire) doivent être proches de cet élément (sur la page ou le popup concerné)
  • Les workflows globaux (notifications récurrentes, traitements de données, calls API) peuvent être regroupés sur une page “technique” dédiée ou dans des API workflows

Notez pour chaque action utilisateur identifiée dans vos parcours :

  • Le déclencheur (clic, changement de valeur, chargement de page, condition)
  • Les étapes Bubble (créer/modifier une chose, naviguer, afficher un groupe, montrer un popup…)
  • Les appels à Zapier ou à d’autres services (via webhook, API Connector, plugin)

Ce document devient alors votre “spécification fonctionnelle Bubble”, que vous suivrez pas à pas lors du développement.

Visualiser les connexions avec Zapier comme des “routes” sortantes

Dans votre métaphore de plan de ville, imaginez que les échanges entre Bubble et Zapier sont des routes sortantes et entrantes. Pour chaque page ou workflow clé, demandez-vous :

  • Quelles données sortent vers Zapier ? (ex. : nouvelle inscription, nouveau paiement, nouvelle demande)
  • Quelles actions Zapier doit-il déclencher dans les autres outils ? (ex. : créer un contact, ajouter une ligne de facture, taguer un utilisateur, envoyer un SMS)
  • Quels retours vers Bubble sont nécessaires ? (ex. : statut de facture payé, statut de campagne, résultat d’une analyse externe)

Schématisez ces flux avec des flèches et des étiquettes (Bubble → Zapier → Outil X). Cela vous permettra de vérifier que chaque étape clé du parcours utilisateur est effectivement connectée à votre écosystème d’outils business, et de limiter les tâches manuelles.

Étape 5 : Prioriser un MVP Bubble-Zapier à partir de votre cartographie

Une cartographie complète de projet digital no-code peut devenir dense. L’enjeu est alors de distinguer ce qui doit absolument être développé dans la première version (MVP) de ce qui peut attendre.

Classer vos fonctionnalités selon leur impact

Reprenez tous vos parcours, écrans, types de données et automatisations repérés, puis classez-les selon 3 catégories :

  • Essentiel pour atteindre l’objectif principal (sans ça, l’app ne sert à rien)
  • Important pour améliorer l’expérience et le taux de conversion
  • Confort ou “nice to have”, qui peut être ajouté après validation du marché

Concentrez la première itération Bubble sur la catégorie “Essentiel” uniquement. Dans la cartographie, surlignez ces éléments pour ne pas les perdre de vue. Cela vous permet de lancer un MVP plus rapidement, d’observer les usages réels, puis d’ajuster avant de développer des automatisations Zapier plus avancées.

Prioriser les automatisations Zapier à haute valeur ajoutée

Vous n’avez pas besoin d’automatiser tout votre business dès la première version. Grâce à votre cartographie, choisissez :

  • Les Zaps qui vous font gagner le plus de temps dès le début (création automatique de leads, envoi d’emails de bienvenue, synchronisation des paiements)
  • Les automatisations indispensables au bon fonctionnement (ex. : mise à jour du statut de facturation, notifications critiques)
  • Les automatisations de confort (reporting avancé, enrichissement de données, tags marketing fins)

En ciblant d’abord quelques connexions Bubble-Zapier à fort impact, vous évitez la complexité excessive et vous gardez de la flexibilité pour itérer. La cartographie vous servira ensuite de feuille de route pour ajouter progressivement des Zaps plus sophistiqués, sans casser ce qui existe.

Préparer la phase d’itération à partir des retours utilisateurs

Une cartographie n’est pas un document figé ; elle doit évoluer avec votre compréhension du marché et des utilisateurs. Dès la conception, prévoyez un espace dans votre schéma ou votre document pour :

  • Noter les retours utilisateurs (blocages, incompréhensions, demandes) et les rattacher à des parcours spécifiques
  • Repérer les étapes où les utilisateurs abandonnent ou se bloquent
  • Identifier quelles données supplémentaires seraient utiles pour mieux personnaliser vos Zaps (segments, tags, événements)

Cette approche vous permettra de faire évoluer à la fois votre app Bubble et vos automatisations Zapier de manière cohérente, en gardant toujours une vision globale de l’écosystème plutôt qu’une accumulation de “bricolages” locaux.

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