Cartographie visuelle : comment choisir entre Zapier, IFTTT et Power Automate Flow en 3 profils d’utilisateurs

Choisir entre Zapier, IFTTT et Power Automate Flow devient vite un casse-tête dès que l’on multiplie les outils, les équipes et les processus. Sans vision claire, on se retrouve avec des automatisations dispersées, des doublons et des scénarios qui se contredisent. La cartographie visuelle permet de reprendre le contrôle : elle vous aide à voir en un coup d’œil quels outils conviennent le mieux à quel type d’utilisateur, et comment les connecter de façon cohérente.

Pourquoi la cartographie visuelle change tout pour vos automatisations

La plupart des entreprises commencent à automatiser “au fil de l’eau” : un Zap ici, une applet IFTTT là, un Flow dans Power Automate pour l’équipe IT… Résultat, l’architecture d’automatisation devient vite illisible. La cartographie visuelle répond à trois enjeux stratégiques.

1. Comprendre qui utilise quoi et pourquoi

Une carte visuelle vous permet d’associer chaque automatisation à :

  • un profil d’utilisateur (marketing, sales, support, IT, direction…)
  • un objectif métier (générer des leads, réduire le temps de traitement, améliorer le reporting…)
  • un niveau de complexité (simple, intermédiaire, avancé)

En visualisant ces éléments, le choix entre Zapier, IFTTT et Power Automate n’est plus un débat abstrait mais une décision concrète, basée sur les besoins réels de vos utilisateurs.

2. Éviter les chevauchements et les effets “boîte noire”

Sans cartographie, il est très facile de :

  • dupliquer des automatisations sur plusieurs plateformes (un workflow e-mail créé à la fois dans Zapier et dans Power Automate)
  • casser un processus en modifiant un scénario sans voir ses dépendances
  • laisser des zaps ou des flows orphelins qui continuent de tourner sans propriétaire identifié

La cartographie visuelle rend les dépendances explicites. Elle montre où l’information entre, où elle sort, et par quelles plateformes elle transite.

3. Alignement avec la stratégie digitale globale

Zapier, IFTTT et Power Automate ne sont pas seulement des outils techniques, ce sont des briques de votre architecture digitale. En intégrant ces briques dans une vue globale, vous pouvez :

  • réserver Zapier pour les cas business/marketing à forte valeur
  • garder IFTTT pour les automatisations simples, personnelles ou IoT
  • positionner Power Automate comme colonne vertébrale des flux liés à Microsoft 365

C’est là que les profils d’utilisateurs deviennent un levier puissant : chaque profil se voit attribuer un ou deux outils prioritaires, parfaitement adaptés à son niveau et à ses besoins.

Profil 1 : le créateur “débutant” ou individuel – IFTTT pour démarrer en toute simplicité

Premier profil : l’utilisateur individuel ou débutant, souvent non technique, qui veut automatiser sa productivité personnelle ou quelques tâches très simples. C’est typiquement :

  • un freelance qui souhaite synchroniser quelques services (Google Calendar, Trello, e-mails…)
  • un entrepreneur solo qui découvre l’automatisation
  • un collaborateur qui veut gagner du temps sans engager l’IT

Pourquoi IFTTT apparaît en priorité sur la carte pour ce profil

Pour ce profil, la cartographie visuelle place IFTTT en “première ligne”, car :

  • l’interface est extrêmement simple, avec des scénarios du type “Si ceci, alors cela”
  • de nombreux modèles prédéfinis évitent de partir de zéro
  • l’utilisateur peut tester rapidement sans grand risque pour le système d’information

Sur la carte, on représente IFTTT comme un concentrateur d’automatisations personnelles : notifications, sauvegarde de fichiers, interactions basiques entre applis cloud et parfois objets connectés.

Exemples d’automatisations à dessiner sur votre carte pour ce profil

  • Si un événement est ajouté à Google Calendar, alors envoyer un rappel sur un canal Slack personnel.
  • Si un nouveau fichier est ajouté à Dropbox, alors le copier dans Google Drive.
  • Si je reçois un e-mail avec un mot-clé spécifique, alors créer une tâche dans Todoist.

Sur la carte, chaque automatisation est un lien simple entre deux services, avec IFTTT au centre. Cela permet de visualiser immédiatement que ces workflows sont “personnels” et ne doivent pas impacter les processus critiques de l’entreprise.

Limites à signaler visuellement

Sur votre cartographie, vous pouvez indiquer clairement les limites d’IFTTT pour ce profil :

  • peu adapté dès que l’on souhaite enchaîner plusieurs actions complexes
  • contrôle limité sur les erreurs, les conditions et le traitement des données
  • difficulté à l’intégrer dans une gouvernance IT structurée

La carte sert donc aussi de garde-fou : elle indique que passé un certain niveau de complexité (plus de deux ou trois services, besoin de filtres avancés, de logs détaillés), le profil doit migrer vers Zapier ou Power Automate.

Profil 2 : l’équipe marketing / business – Zapier comme hub central de l’automatisation

Deuxième profil : les équipes marketing, sales, support, ops. Ce sont elles qui tirent le plus de valeur de l’automatisation, et qui ont besoin d’un outil à la fois puissant et accessible. Sur la cartographie visuelle, Zapier devient le hub central de ce profil.

Pourquoi Zapier est la plateforme clé pour ce type d’utilisateurs

Zapier se positionne au croisement idéal entre simplicité d’usage et profondeur fonctionnelle :

  • interface no-code/low-code avec des déclencheurs et actions faciles à configurer
  • énorme catalogue d’applications business (CRM, outils marketing, facturation, webinar, formulaires, etc.)
  • possibilité de créer des workflows mult-étapes avec filtres, chemins conditionnels, webhooks, et logique avancée

Sur votre carte visuelle, il est pertinent de représenter Zapier comme un “nœud central” reliant :

  • le CRM (HubSpot, Pipedrive, Salesforce…)
  • les outils marketing (Mailchimp, ActiveCampaign, Sendinblue…)
  • les plateformes de pub (Facebook Ads, Google Ads, LinkedIn Ads…)
  • les outils de support (Intercom, Zendesk, Crisp…)
  • les systèmes de facturation (Stripe, PayPal, QuickBooks…)

Scénarios concrets à placer sur la carte pour ce profil

  • Nouvelle soumission de formulaire (Typeform) → création d’un lead dans le CRM + ajout à une liste e-mail + notification Slack au commercial.
  • Nouvelle commande e-commerce (Shopify) → création automatique d’une facture dans l’outil de compta + mise à jour du segment client dans l’outil d’e-mail marketing.
  • Fin de période d’essai SaaS → envoi d’un e-mail de relance personnalisé + création d’une tâche dans l’outil de gestion de projet pour le Customer Success.

Visualiser ces scénarios sur une carte permet de voir les flux de données entre les services et d’identifier rapidement les goulots d’étranglement ou les opportunités d’optimisation.

Articuler Zapier avec IFTTT et Power Automate

Pour un profil marketing/business, la cartographie doit aussi montrer comment Zapier se positionne par rapport aux deux autres outils :

  • Avec IFTTT : IFTTT reste cantonné aux usages personnels des collaborateurs ; Zapier prend en charge tous les flux qui touchent les données clients ou les indicateurs business.
  • Avec Power Automate : quand l’entreprise est très équipée Microsoft, certains flux liés à SharePoint, Teams ou Dynamics peuvent être gérés dans Power Automate, tandis que Zapier fait le lien avec les outils marketing externes.

Si vous hésitez entre ces deux plateformes pour vos équipes, il est utile de représenter sur la carte les points de décision : type de données manipulées, criticité, besoin d’adhérence à l’écosystème Microsoft ou, au contraire, nécessité d’ouverture vers de multiples SaaS.

Pour affiner cette réflexion, il est pertinent de renvoyer les lecteurs vers notre dossier complet qui compare en détail les forces et limites de Zapier et d’IFTTT dans différents contextes professionnels, afin de nourrir votre cartographie avec une vision comparative solide.

Rôles et gouvernance à représenter pour ce profil

Sur la carte, ne vous limitez pas aux flux techniques : ajoutez également les rôles et responsabilités.

  • Qui crée les Zaps ? (marketing ops, growth, responsables de canal…)
  • Qui les valide avant mise en production ? (manager, product owner…)
  • Qui supervise les performances et gère les erreurs ? (référent automatisation…)

La cartographie visuelle devient ainsi un outil de gouvernance : elle montre non seulement “ce qui se passe”, mais aussi “qui en est responsable”.

Profil 3 : l’IT / la grande entreprise – Power Automate Flow pour l’écosystème Microsoft

Troisième profil : les équipes IT, les grandes entreprises, les structures très intégrées à l’univers Microsoft 365. Ici, Power Automate Flow apparaît souvent comme la brique centrale, surtout lorsque les données sensibles transitent par SharePoint, Dynamics 365 ou Teams.

Pourquoi Power Automate est mis en avant pour ce profil

Sur la cartographie visuelle, Power Automate est généralement placé au cœur de :

  • les flux internes structurés (validation de documents, gestion de droits, workflows RH internes…)
  • l’automatisation des processus métier intégrés à Dynamics 365
  • la gestion des notifications et intégrations au sein de Teams

Ce choix s’explique par plusieurs raisons :

  • intégration native profonde avec l’ensemble de la suite Microsoft
  • meilleure maîtrise des aspects sécurité, conformité, gestion des identités
  • possibilité d’aller très loin pour les profils IT ou citizen developers avancés

Comment représenter Power Automate sur la carte

Sur votre cartographie, il est utile de distinguer clairement :

  • les flux “strictement internes” gérés à 100 % dans Power Automate (ex. validation de congés, approbation de documents, circuits de signature)
  • les flux “hybrides” où Power Automate interagit avec des services externes (par exemple un CRM ou un outil de ticketing non Microsoft)

Vous pouvez, par exemple, utiliser un code couleur sur votre schéma :

  • bleu pour les automatisations internes Microsoft 365
  • orange pour les intégrations externes gérées via Zapier
  • vert pour les automatisations personnelles ou de faible criticité via IFTTT

Cela permet de visualiser en un coup d’œil la frontière entre automatisations “IT-centrées” et “business-centrées”.

Exemples de flows à cartographier pour ce profil

  • Création d’un document dans une bibliothèque SharePoint → démarrage d’un processus d’approbation multi-niveaux → notification Teams aux approbateurs.
  • Demande de support interne via un formulaire Microsoft Forms → création d’un ticket dans un système ITSM → mise à jour automatique du statut dans Teams.
  • Inscription à un événement interne → mise à jour de la liste de participants dans SharePoint → génération d’un rapport Power BI.

Sur la carte, ces flows sont reliés à des acteurs bien identifiés (IT, direction, RH) et à des règles de sécurité spécifiques, ce qui permet aux autres équipes (marketing, ops…) de comprendre où s’arrête leur périmètre.

Construire une cartographie visuelle claire en 6 étapes

Une bonne cartographie ne se limite pas à des logos d’outils reliés par des flèches. Elle doit être exploitable par tous les profils d’utilisateurs, des plus novices aux plus techniques. Voici une méthode en 6 étapes pour construire cette vue d’ensemble.

1. Recenser tous les profils d’utilisateurs et leurs objectifs

Commencez par lister les profils présents dans votre organisation :

  • individuels / freelances / contributeurs isolés
  • équipes marketing, sales, support, ops
  • IT, data, direction, fonctions support (RH, finance…)

Pour chacun, identifiez :

  • leurs outils principaux (CRM, messagerie, gestion de projet…)
  • leurs douleurs (temps perdu, saisie manuelle, manque de visibilité…)
  • leurs objectifs (plus de leads, meilleure satisfaction, réduction des délais…)

Cette étape vous permet de définir pour quel profil Zapier, IFTTT ou Power Automate sera privilégié.

2. Attribuer un outil d’automatisation principal par profil

Sur votre carte, décidez d’un “outil par défaut” pour chaque profil :

  • Profil 1 – débutant / individuel : IFTTT comme premier pas vers l’automatisation.
  • Profil 2 – marketing / business : Zapier comme hub central des flux clients et marketing.
  • Profil 3 – IT / grande entreprise : Power Automate comme socle des workflows internes Microsoft.

Notez également les exceptions : par exemple, un profil marketing très technique peut utiliser Power Automate dans certains cas, ou un IT peut créer des Zaps pour des intégrations avec des outils non Microsoft.

3. Cartographier les applications et les données clés

Identifiez ensuite les applications critiques :

  • Où sont stockées vos données clients ? (CRM, base interne…)
  • Quels sont vos canaux de communication principaux ? (e-mail, SMS, chat, réseaux sociaux…)
  • Quels outils sont incontournables pour le quotidien des équipes ? (Slack, Teams, Google Workspace, Microsoft 365…)

Sur la carte, placez ces applications au centre, puis reliez-les :

  • à Zapier pour les flux business et marketing inter-outils
  • à Power Automate quand il s’agit de données internes Microsoft
  • éventuellement à IFTTT pour des usages secondaires, non critiques

4. Représenter les flux existants et les manques

Pour chaque profil, listez les automatisations déjà en place :

  • zaps existants (avec une brève description de leur rôle)
  • applicatifs IFTTT utilisés par les individus
  • flows Power Automate déployés par l’IT

Sur votre schéma, utilisez :

  • une couleur ou un style de flèche pour les flux existants
  • une autre couleur pour les opportunités d’automatisation à créer

Cette étape met immédiatement en évidence :

  • les zones sur-automatisées (trop de scénarios pour une même tâche)
  • les zones sous-automatisées (beaucoup de travail manuel, aucun workflow)

5. Définir des règles de gouvernance visibles sur la carte

Une bonne cartographie intègre des règles de gouvernance simples :

  • niveau de criticité : haute/ moyenne / basse pour chaque automatisation
  • plateforme autorisée par niveau de criticité (ex. haute criticité = Power Automate ou Zapier avec validation IT ; basse criticité = IFTTT possible)
  • propriétaire désigné pour chaque workflow (nom de la personne ou de l’équipe)

Vous pouvez ajouter sur la carte des légendes expliquant :

  • qui a le droit de créer ou modifier un Zap, un Flow, une applet IFTTT
  • comment sont testées et validées les nouvelles automatisations
  • quel est le processus en cas de bug ou de changement d’outil

6. Rendre la cartographie évolutive et accessible

Enfin, une cartographie efficace n’est pas figée. Prévoyez :

  • une mise à jour régulière (trimestrielle, semestrielle) de la carte
  • un espace partagé où elle est consultable par tous (Notion, Confluence, intranet…)
  • une version simplifiée pour les non-techniques et une version détaillée pour les experts

Vous pouvez également documenter chaque automatisation sous forme de fiche jointe à la carte :

  • objectif métier
  • plateforme utilisée (Zapier, IFTTT, Power Automate)
  • applications connectées
  • indicateurs de succès (temps économisé, erreurs évitées, revenus générés…)

En combinant cette documentation avec une cartographie visuelle claire, vos équipes gagnent en autonomie, vos choix entre Zapier, IFTTT et Power Automate deviennent explicites, et l’automatisation cesse d’être une “boîte noire” pour devenir un véritable levier stratégique partagé.

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