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Ce que révèle l’affaire Anthony Zappier sur les limites éthiques des body cams

L’affaire Anthony Zappier a mis sur le devant de la scène une question que beaucoup d’entreprises repoussaient encore : jusqu’où peut-on aller dans la collecte, l’enregistrement et l’automatisation des données vidéo issues des body cams, sans franchir une ligne rouge éthique ? Là où certains ne voient qu’un outil de sécurité ou de traçabilité, d’autres y perçoivent un risque majeur de surveillance permanente et de dérives dans l’usage de l’IA et de l’automatisation.

Sur un site dédié aux usages de Zapier dans le business et le marketing, cette affaire est particulièrement éclairante. Car derrière la question des body cams, on retrouve exactement les mêmes enjeux que pour tout workflow automatisé : gouvernance des données, transparence, consentement, sécurité, biais algorithmiques, et capacité de contrôle par les personnes concernées.

Ce que l’affaire Anthony Zappier change dans la perception des body cams

Des caméras « neutres »… jusqu’au moment de l’automatisation

Les body cams ont longtemps été perçues comme de simples outils de preuve : un enregistrement brut, consultable après coup en cas de litige. L’affaire Anthony Zappier montre à quel point cette vision est dépassée dès lors qu’on ajoute une couche d’automatisation à la chaîne.

Dans de nombreux scénarios, les body cams ne se contentent plus de filmer :

Dans cette logique, l’ajout d’un outil d’orchestration comme Zapier démultiplie la puissance de ces systèmes : chaque vidéo, chaque image clé, chaque transcription devient un « trigger » possible pour un ensemble très large d’actions, marketing, RH, sécurité ou management.

C’est précisément ce glissement – de la captation vidéo à l’automatisation décisionnelle – que l’affaire Anthony Zappier met en lumière. Le problème ne vient pas seulement de la caméra, mais de ce que l’on connecte derrière la caméra.

Un effet de panoptique numérique dans l’entreprise

Dans les témoignages qui ont émergé autour de l’affaire, un motif revient constamment : la sensation d’être filmé et analysé en continu, non seulement pour des raisons de sécurité, mais aussi pour évaluer les performances, la productivité, voire l’attitude des collaborateurs.

Ce sentiment de panoptique numérique est renforcé par l’automatisation :

Dans une logique business, il est tentant de brancher ces flux vidéo sur des automatisations Zapier pour :

Mais c’est précisément cette logique qui soulève des questions éthiques lourdes : les salariés ont-ils vraiment consenti à ce type d’usage ? Savent-ils quels sont les scénarios d’automatisation en place ? Ont-ils un droit de regard sur les règles qui gouvernent ces workflows ?

Les principales limites éthiques des body cams à l’ère de Zapier et de l’IA

1. Le consentement réel face à l’automatisation cachée

Un point clé de la controverse autour d’Anthony Zappier tient au décalage entre ce qui était affiché officiellement (« caméras pour la sécurité ») et la réalité des traitements automatisés en coulisses.

Dans un environnement où l’on peut connecter des services vidéo, des API d’IA, des CRM et des outils RH en quelques clics via Zapier, le risque est grand de créer, petit à petit, une usine à gaz de traitements non anticipés :

Du point de vue du salarié ou même du client filmé, le consentement initial (« j’accepte d’être filmé pour des raisons de sécurité ») ne couvre plus vraiment l’ensemble de ces usages dérivés. L’éthique impose alors :

2. La tentation du « score comportemental » permanent

Un autre enseignement clé de l’affaire Zappier concerne la dérive vers la notation comportementale. Une fois que les body cams alimentent des automatisations, la tentation est grande de résumer des comportements complexes à un simple score.

Quelques exemples concrets de ce qui peut être techniquement mis en place – et qui a été au cœur des polémiques :

Or, l’éthique du management et des données impose plusieurs garde-fous :

Dans la pratique, Zapier facilite la création de ces scores (agrégation, calcul de moyennes, synchronisation avec un outil BI, etc.). Mais cette puissance technique doit être encadrée par une charte éthique interne et par une gouvernance robuste des automatisations.

3. Le risque de biais algorithmique amplifié par l’automatisation

Les outils d’IA connectés aux body cams ne sont pas neutres : ils reposent sur des modèles qui peuvent intégrer des biais liés au genre, à l’âge, à l’origine, au langage corporel, etc. L’affaire Anthony Zappier a mis au jour plusieurs cas où des comportements identiques étaient interprétés différemment selon la personne filmée.

Lorsque ces analyses biaisées sont ensuite intégrées dans des workflows Zapier, l’effet de masse est immédiat :

Pour réduire ces risques, plusieurs bonnes pratiques sont essentielles dans la conception des scénarios d’automatisation :

4. La sécurité et la fuite possible de données extrêmement sensibles

Les vidéos de body cams sont parmi les données les plus sensibles qu’une entreprise peut détenir : elles montrent des visages, des gestes, des conversations, des lieux privés ou semi-privés. L’affaire Zappier a rappelé de manière brutale ce qui se passe lorsque ces données se retrouvent mal protégées, mal anonymisées ou mal partagées.

Dans un environnement d’intégration continue via Zapier, chaque nouveau connecteur est un point d’entrée ou de fuite potentiel :

Éthiquement, cela impose :

Comment intégrer les leçons de l’affaire Zappier dans vos automatisations Zapier

Cartographier et documenter tous les workflows impliquant de la vidéo

La première mesure concrète inspirée par l’affaire Anthony Zappier consiste à reprendre totalement la main sur la cartographie des automatisations. Dans beaucoup d’entreprises, les scénarios Zapier se sont accumulés au fil des années, souvent créés par des équipes métiers différentes.

Un plan d’action efficace peut inclure :

Cette cartographie permet d’ouvrir un vrai débat interne sur la légitimité de chaque automatisation, et d’aligner votre stratégie d’automatisation avec vos principes éthiques.

Définir une charte interne d’automatisation éthique

Inspirée justement par les dérives mises au jour dans l’affaire Zappier, une charte d’automatisation éthique doit fixer des lignes rouges très claires, par exemple :

Cette charte doit ensuite être traduite en règles opérationnelles dans Zapier :

Mettre en œuvre des mécanismes de contrôle et de contestation

L’un des angles morts révélés par l’affaire Anthony Zappier tenait à l’absence quasi totale de recours pour les personnes affectées par les décisions issues de ces workflows. Une automatisation qui crée un signalement à partir d’une vidéo ne devrait pas être une boîte noire.

Quelques mécanismes pratiques à instaurer :

Former les équipes métiers à l’éthique de l’automatisation

Les outils comme Zapier ont été conçus pour donner de l’autonomie aux métiers. C’est une force… mais aussi une source de risques si les équipes ne sont pas formées aux enjeux éthiques et réglementaires.

Pour éviter de reproduire les erreurs au cœur de l’affaire Zappier, il est crucial de :

Pour approfondir ces aspects, vous pouvez vous appuyer sur les ressources spécialisées en automatisation et en intégration proposées sur notre dossier complet sur l’automatisation responsable avec Zapier, qui met l’accent sur la conformité, la gouvernance et la protection des données dans les scénarios business et marketing.

Body cams, Zapier et business : vers une automatisation responsable et assumée

Réserver la vidéo à des usages clairement définis et proportionnés

L’un des grands enseignements de l’affaire Anthony Zappier pour les responsables business et marketing qui utilisent (ou envisagent d’utiliser) des body cams est la nécessité absolue de la proportionnalité.

Quelques pistes d’usage raisonnables et plus éthiques :

Faire de la transparence un atout stratégique plutôt qu’une contrainte

À l’issue de l’affaire Zappier, de nombreuses organisations se sont rendu compte qu’elles avaient tout à gagner à être proactives dans leur communication sur l’usage des body cams et des automatisations.

Une transparence assumée peut même devenir un avantage concurrentiel :

Dans un contexte où les scandales liés à l’IA et à la vidéosurveillance se multiplient, montrer comment vous utilisez Zapier et les body cams de manière encadrée, responsable et proportionnée peut renforcer la confiance dans votre marque.

Concevoir des scénarios Zapier « privacy by design »

Enfin, l’un des axes les plus concrets pour intégrer les leçons de l’affaire Anthony Zappier dans vos pratiques quotidiennes consiste à appliquer le principe de « privacy by design » directement dans vos scénarios Zapier.

Quelques bonnes pratiques applicables dès la conception d’un nouveau Zap liant body cams et outils métiers :

Au lieu de considérer les contraintes éthiques comme des freins, il est possible d’en faire des critères de qualité de vos automatisations : un workflow qui respecte strictement la vie privée, minimise les données et offre des garanties de contrôle et de contestation renforcera durablement la légitimité de votre stratégie d’automatisation, y compris lorsqu’elle implique des technologies aussi sensibles que les body cams.

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